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LE STAFFORDSHIRE BULL TERRIER

par Christophe GOBERT  

Histoire en France :

En France, il semble que le Stafford soit reconnu après guerre. Mais aucun éleveur ne semble s’être particulièrement concentré sur la sélection à cette époque.

 

L’histoire dit que c’est au début des années 70 qu’un jeune couple de Français, Monique et Pierre Louis PETIT, en voyage de noces en Angleterre, tombe sous le charme du Staffie. De retour en France, ils essayent de se procurer un Stafford, mais sans succès, ils se lancent alors dans l’élevage d’une autre race.

En, 1983, en feuilletant une revue spécialisée, ils tombent sur une annonce d’un particulier dans le pays Basque qui vend des chiots Staffordshire Bull Terrier, n’ayant pas oublié la race qui les a tend séduit lors de leur voyage en Angleterre, ils prennent contact avec la personne et achètent ainsi leur premier chien, URANIE. Pris de passion pour cette race, ils font par la suite l’acquisition en Belgique d’un deuxième chien, INTO.

INTO, étant trop jeune pour reproduire, les premières saillies d’URANIE se feront en Belgique. C’est ainsi que « de la Lune de Sang » affixe de Monique et Pierre Louis PETIT, devint le premier élevage Français régulier de Staffordshire Bull Terrier. Lors d’une saillie de URANIE en Belgique sont issues, BRINDLE BLOODY MARY, BOMBER COMMAND et BLACK SABBATH,  trois champions d’une même portée qui ont influencés la race en France. Si BRINDLE BLOODY MARY et BOMBER COMAND sont restés chez les PETIT, BLACK SABBATH est lui parti chez Thierry TETU affixe « Of Rockabilly » qui est devenu le deuxième éleveur régulier de Staffie en France.

 

Pendant longtemps « de la Lune de Sang » et « Of rockabilly » sont restés les deux seuls éleveurs réguliers de Staffordshire Bull Terrier en France. Par la suite, il y eu pendant un petit moment « la Brume Rouge », puis « Miss Daisy » des ROUYAT et « of the Browndeanlaws Bullyboys » de Lady Julia ARBUTHNOT, une écossaise venue s’installée dans le sud de la France.

Au milieu des années 90 une nouvelle génération de jeunes passionnés apparait. Encore présents actuellement on peut citer Henri BOUILLAULT « Staffanatic », Christophe CORDEL « Hot King Staff » et Franck HAMELIN « L’Antre du Styx ». Fin des années 90, la race commence à susciter l’intérêt et de nouveaux élevages arrivent parmi lesquels « MC Performance » des MUTCHLER, « de la Vauxoise » de Brigitte VIDON et « des Têtes Brulées » de Françoise MESLE.

Le Staffie a donc était très longtemps un chien rare en France et seul les passionnés en faisaient la sélection et l’acquisition.

Avec l’explosion des types Bull en France dans les années 90, le Stafford a bénéficié de l’engouement pour l’American Staffordshire Terrier, beaucoup de personnes se sont alors intéressés à cet ascendant si peu connu. Il faut rappeler que contrairement à son descendant, le Staffordshire Bull Terrier n’est pas concerné par la loi de 99 sur les chiens dits « dangereux », mais qu’un Stafford non LOF peut très bien être assimilé à un chien de première catégorie.

Beaucoup d’éleveurs ont profité de cette vague, certains par passion de la race, et d’autres par appât du gain. A l’heure actuelle, pour les futurs acquéreurs, il faut donc bien choisir son élevage et ne pas succomber aux sirènes de marchands de chiens.

 

Si les naissances de Stafford ne sont pas à la hauteur de son descendant l’American Staffordshire Terrier, l’augmentation « très » rapide des effectifs n’est pas sans poser des questions quand au devenir de  la race.

Race rare dans les années 80 en France, le Staffordshire Bull Terrier à la fin des années 90 a vu ses effectifs augmenter, pour finalement exploser dans les années 2000.

On recensait 4 naissances en 1980, 24 naissances en 1990, 141 naissances en 2000, 1552 naissances en 2008 et 2472 naissances en 2010,  faisant ainsi du Stafford la vingtième race en France !!!

 

Petit à petit le nombre d’élevages a augmenté aussi pour exploser fin des années 2000 et atteindre prés de 300 éleveurs en 2011 !!!

Dans le lot de ces nouveaux élevages, des passionnés certes, mais aussi des marchands de chiens flairant le bon filon ou voyant la manne de l’American Staff s’éloigner avec la loi, on rajoute aux éleveurs, les particuliers pour certains avertis, mais pour d’autres complétant leurs revenus sociaux par des portées sauvages et le tableau est plutôt sombre.

Il va s’en dire que tout cela n’est pas rassurant pour les passionnés de la race qui craignent que cet effet de mode ne fasse de gros dégâts d’ici quelque temps …

Nous voyons des adultes ou des jeunes chiens vendus pour reproduction passant de propriétaires en propriétaires, des mariages ne prenant pas en compte la compatibilité des origines, des chiens non testés (HC ou L2HGA) reproduirent, des chiens ne répondant pas au caractéristiques physiques et au tempérament de la race en proposition de saillies, mais aussi, malheureusement, des Staffies qui se trouvent maintenant à l’adoption …

Si certains éleveurs sont à blâmer par leurs approches mercantiles de la race, on peut aussi se demander comment les futurs propriétaires appréhendent l’achat d’un chien qui va partager leurs vies pendant une quinzaine d’année. Ces personnes bien souvent craquent pour un « look » ou par défaut, car ne voulant pas supporter les contraintes de la loi avec un Amstaff.

 

Les deux approches sont dramatiques, le Stafford n’est pas qu’un look, il a des besoins physiques importants, il doit pour son équilibre vivre au plus prés de son maître, il n’est pas gardien dans l’âme, peut être destructeur et son rapport avec les autres chiens est à surveiller. Si il n’est pas concerné par la loi sur les chiens dits « dangereux », sa ressemblance physique avec l’Amstaff fait que les propriétaires sont  bien souvent contrôlés et doivent se justifier continuellement aux forces de l’ordre, suivant les cas cela se passe plus ou moins bien et certains se retrouvent au tribunal. Signalons aussi qu’un Stafford non LOF peut être considéré comme chien de 1 catégorie !!

Dans ce moment ou les propositions de portées se multiplient, le futur propriétaire doit absolument prendre son temps pour savoir si le Staffordshire Bull Terrier est bien la race correspondant à ses attentes, mais aussi et surtout à son style de vie.

La qualité du cheptel du fait de cette explosion des naissances est hétérogène, le tempérament est à surveiller pour ne pas voir émerger des sujets non-conformes. 

Il faut donc vraiment faire le tour des élevages, prendre plusieurs avis, aller en expositions pour voir quel type de Stafford on peut trouver, profiter des forums de discussions pour échanger avec des propriétaires, ne pas acheter sur un coup de tête un chiot dans une foire ou chez un marchand de chiens.

Si le club de race a bien conscience du phénomène, son action reste restreinte et cela est bien dommage. Dans d’autres Pays le club de race à un véritable pouvoir de contrôle sur la race, ce n’est malheureusement pas le cas en France.

Un Stafford se mérite et sa sélection ne peut se faire qu’avec une parfaite connaissance de la race, afin de préserver ses merveilleuse qualités physiques et mentales, cela reste une affaire de passionnés, les futurs propriétaires doivent prendre le temps d’attendre plutôt que de satisfaire leurs besoins de consommation chez des opportunistes, cela pour le respect et l’avenir de la race.